Beau soir : couleurs et émotions du chant français

Récital pour voix et piano

Porté par la soprano Mathilde Duval-Laplante et la pianiste Chloé Dumoulin, Beau soir est un récital qui célèbre l’élégance, la profondeur et l’esprit du répertoire français, tout en intégrant une page marquante du patrimoine québécois.

À travers des œuvres de Fauré, Hahn, Debussy, Poulenc, André Mathieu et d’autres compositeurs emblématiques, le programme explore l’évolution de la sensibilité française, de l’intimité raffinée de la mélodie à la passion théâtrale de l’opéra. En filigrane se dessine également l’héritage de l’existentialisme français : cette manière singulière de célébrer la beauté tout en regardant lucidement les grandes questions humaines, du temps qui passe à l’amour, de la mémoire au désir, de la solitude à la liberté.

Fidèle à la tradition française, le programme privilégie des héroïnes de caractère (Manon, Mélisande, Micaëla) dont la force réside moins dans la tragédie spectaculaire que dans la finesse psychologique, la liberté de pensée et l’élégance du verbe. À travers elles se dessine une certaine idée de l’esprit français, héritier de Marianne : cultivé, sensible, indépendant et profondément humain.

Le programme est aussi ponctué d’extraits d'opérettes, apportant à l’ensemble humour, élégance et cette joie de vivre typiquement française qui fait dialoguer le raffinement avec un plaisir presque insolent de divertir.

Pensé comme un voyage à travers différentes visions de l’esprit français, Beau soir propose une lecture vivante, accessible et incarnée de ce patrimoine, tout en mettant en lumière les liens culturels qui unissent la France et le Québec.

Grâce à son format souple et à son répertoire évocateur, Beau soir s’adapte particulièrement bien aux :

  • - festivals et saisons de concerts ;

  • - émissions de radio ;

  • - salons musicaux et concerts privés ;

  • - institutions culturelles ;

  • - événements protocolaires et diplomatiques ;

  • - réceptions et soirées de prestige ;

  • - rencontres célébrant la francophonie et les échanges culturels.

Création de la mélodie posthume d'André Mathieu, « Pénombre »

Chloé Dumoulin et Mathilde Duval-Laplante

Avec Noëlla Bouchard (violoniste des Violons du Roy), en prestation spéciale, et Chloé Dumoulin (pianiste)

À la première de Beau soir, le 20 mars 2026, à Québec

Création de « Pénombre », mélodie posthume d'André Mathieu

ÉLOGE DE LA NUANCE : L’ART TRÈS FRANÇAIS DE DIRE LES CHOSES…

ET DE LE CHANTER

(ou pourquoi je chante en français)

Tribune publiée par Mathilde Duval-Laplante en mars 2026

« Présenter un récital de musique française et québécoise pour mon tout premier récital solo n’est pas un hasard. C’est un choix de cœur, un choix éditorial.

Quand on apprend l’art du chant classique, le bel canto, on traverse plusieurs mondes : les écoles italienne, allemande, française, russe, américaine, québécoise… On apprend l’histoire, la technique, la culture. Et avec le temps, on finit par découvrir une chose essentielle : ce qu’on a envie de défendre.

Dans mon cas, la pomme n’est pas tombée loin de l’arbre. Avec deux parents spécialistes de la mélodie française et de l’opérette, j’ai été littéralement biberonnée à ce répertoire. J’ai grandi sur scène au milieu de cette musique. J’aurais pu m’en éloigner, par esprit de contradiction, faire ma crise d’adolescence artistique jusqu’au bout. Mais au contraire, je l’ai approfondi, avec l’envie secrète d’aller encore plus loin.

On oublie parfois à quel point la langue française est puissante, et surtout son esprit. Mais qu’est-ce qu’au juste que l’esprit français ? Pour moi, l’esprit français est un mélange rare d’élégance, de raffinement… et d’insolence.

Une forme d’existentialisme presque impressionniste, qui trouve mille mots pour dire les plus petites choses de la vie. Une manière d’écrire et de dire qui prend le temps de goûter les nuances, d’assumer la beauté du détail. Pourquoi tant de mots ?

Parce qu’on aime ça, tout simplement, malgré le risque de malentendus.

La beauté qui prend le dessus sur l’utilité, c’est ça que j’aime profondément de l’esprit français. C’est plus qu’une langue, c’est une manière de vivre, une posture.

C’est une chance de parler français. C’est une chance encore plus grande de pouvoir le chanter. Parce que lorsqu’on chante dans sa langue, on la déploie majestueusement en porte-voix, on en sent les sous-entendus, les doubles sens, les couleurs cachées, et on peut les partager comme une vision du monde à considérer dans le grand concert des cultures.

L’histoire du chant français est une source infinie de poésie, d’émotion et d’élégance. J’en porte l’ADN sur scène, fièrement, et pour mon plus grand ravissement.

C’est cet héritage, vivant, vibrant, que j’ai envie de partager avec vous,

dans mon tout premier récital solo. »